Il est un peu plus de minuit au moment où j’écris ces lignes.
Et quelque part, je trouve que c’est une assez bonne heure pour commencer quelque chose.
Le monde est plus calme. Les bruits changent. Les rues se vident, les machines se taisent progressivement, et certains sons que l’on ne remarque jamais pendant la journée deviennent soudain beaucoup plus présents.
C’est peut-être justement de là qu’est née l’idée de ces Carnets d’Arborisis.
Pas d’un grand plan.
Pas d’une stratégie parfaitement réfléchie.
Simplement d’une envie : prendre le temps d’observer, d’écouter et de garder une trace.
Pourquoi ce carnet ?
J’ai toujours aimé commencer des projets.
Parfois petits.
Parfois beaucoup trop grands.
Des projets autour de la technologie, des serveurs, du code, de l’intelligence artificielle, de la musique, de la photographie ou encore du field recording.
J’aime comprendre comment les choses fonctionnent.
Mais j’aime aussi simplement sortir, écouter ce qui m’entoure et enregistrer un endroit.
Le vent dans les arbres.
La pluie.
Des oiseaux au loin.
Une rue presque vide.
Le bruit d’une gare.
Une machine qui tourne.
Une ambiance qui, quelques minutes plus tard, n’existera déjà plus exactement de la même manière.
C’est étrange quand on y pense.
Nous passons notre vie entourés de sons, d’images, d’endroits et de petits événements auxquels nous ne faisons presque plus attention.
Et pourtant, ce sont souvent eux qui racontent le mieux une journée.
Arborisis
À l’origine, Arborisis est né autour d’une idée qui me tient particulièrement à cœur : le field recording.
Enregistrer les sons du monde.
Les conserver.
Les documenter.
Et peut-être un jour permettre à d’autres personnes de les découvrir.
Mais petit à petit, je me suis rendu compte qu’Arborisis pouvait représenter quelque chose d’un peu plus large.
Une manière d’observer ce qui nous entoure.
La nature, évidemment.
Mais aussi la technologie.
Les lieux.
Les gens que l’on croise.
Les expériences.
Les projets.
Les réussites.
Les idées qui fonctionnent.
Et celles qui finissent complètement à côté de la plaque.
Parce qu’elles font aussi partie de l’aventure.
Alors, qu’est-ce qu’on trouvera ici ?
Probablement un peu de tout.
Des sessions de field recording et les histoires derrière certains enregistrements.
Des photographies prises pendant mes balades.
Des réflexions sur la nature et les endroits que je découvre.
Des expérimentations avec du matériel audio.
Des projets informatiques.
Des serveurs qui fonctionnent parfaitement pendant trois semaines avant de décider de casser un dimanche soir.
Des expériences autour de l’intelligence artificielle et de l’automatisation.
Des idées parfois sérieuses.
D’autres probablement beaucoup moins.
Et surtout, des morceaux de quotidien.
Je ne veux pas transformer ce blog en vitrine où tout semble toujours parfaitement maîtrisé.
Ce serait assez éloigné de la réalité.
J’aimerais plutôt qu’il reste vivant.
Qu’on puisse y voir les projets évoluer, les idées changer et parfois même revenir quelques mois plus tard sur un ancien article en se disant :
« Bon… finalement, ce n’était peut-être pas la meilleure idée du siècle. »
Et ce n’est pas grave.
Prendre le temps de regarder
Nous vivons dans une époque où tout va incroyablement vite.
Les informations.
Les réseaux sociaux.
La technologie.
Les projets.
Les notifications.
On passe facilement d’une chose à une autre sans vraiment s’arrêter.
Ce carnet sera peut-être aussi ma manière de faire exactement l’inverse.
Prendre une photo.
Enregistrer quelques minutes de son.
Écrire quelques lignes.
Documenter un projet.
Et simplement dire :
voilà ce qui s’est passé aujourd’hui.
Sans forcément chercher à rendre chaque moment extraordinaire.
Parce qu’un carnet n’a pas besoin de l’être.
Première page
Je ne sais pas encore exactement ce que deviendront Les Carnets d’Arborisis.
Et finalement, c’est probablement mieux comme ça.
Je préfère laisser ce projet grandir naturellement.
Article après article.
Enregistrement après enregistrement.
Photo après photo.
Expérience après expérience.
Peut-être que dans quelques années, je reviendrai lire cette première page.
Et j’espère qu’elle me rappellera simplement le moment où j’ai décidé de commencer.
Alors voilà.
Bienvenue dans Les Carnets d’Arborisis.
Le carnet est ouvert.
Il ne reste plus qu’à le remplir.